Note de la lecture de Chinese Professionals and the Republican State, Xiaoqun Xu


Le livre traite l’émergence des professionnels chinois et de leurs associations à Shanghai pendant 1912 et 1937. Deux phases importantes sont divisées dans cette période : le gouvernement de Beiyang(1913-1928) et la Décennie de Nankin(1927-1937). De nombreux facteurs sont pris en compte pour analyser les enjeux de la modernisation de la Chine et l’évolution de la société civile chinoise tels que le rôle d’État, d’autres groupes sociaux, l’influence des pouvoirs étrangers ainsi que l’invasion des Japonais dans les années 30.
 Pour aborder le sujet, l’auteur choisit trois professions typiques à l’époque : l’avocat, le médecin et le journaliste, tout en les triant : lorsque les deux premiers sont les professionnels indépendants, les journalistes sont plutôt les professionnels employés ou salariés. Étant donné que la présence de nouveaux professionnels indépendants a lieu au cours de la modernisation de la Chine pendant la période de la République de Chine, le rôle de la dernière est donc remis en question. Ces associations des professionnels ne sont pas indépendantes par rapport à l’État, avec lequel elles maintiennent des relations multidimensionnelles et parfois même contradictoires. S’appuyant sur leurs propres intérêts et ceux du public, les associations professionnelles refusent parfois l’intervention de l’État, mais elles peuvent tout à fait appeler le secours de la part de l’État tant que c’est nécessaire. A mon avis, ces interactions entre les professionnels et l’État constituent une sorte de reconnaissance mutuelle.
En ce qui concerne leurs relations avec les autres organisations sociales, force est de prendre les professionnels chinois comme une nouvelle classe sociale qui regroupe à la fois les bourgeoises urbaines et la classe professionnelle, ce qui nous permet de constater les différences. Néanmoins dans ces associations professionnelles même, tout n’est pas homogène et elles ne sont plus des groupes isolés qui n’ont aucune interaction avec d’autres éléments sociaux. Le groupement des professionnels a pour objectif de réaliser la professionnalisation qui a empruntée le modèle occidental, à laquelle s’ajoute la présence des étrangers qui exerce une influence considérable sur les comportements des professionnels chinois de Shanghai, suscitant également les conflits entre la modernisation et le nationalisme.
 Par des analyses des cas plus précis, l’auteur a tiré la conclusion que les relations entre les professionnels et la République de Chine peuvent être caractérisées comme une « dynamique symbiotique ». Elle constitue un facteur indispensable dans la modernisation de la société chinoise, qui permet à la dernière d’avoir une nouvelle configuration et de définir concrètement « la société civile » de la Chine que les chercheurs n’arrivaient pas à définir exactement en empruntant le prototype occidental. Enfin, cette étude sur les professionnelles de Shanghai pendant la République de Chine permet d’éclaircir l’évolution sociale chinoise plus récente, soit la période post-Mao, car les deux périodes partagent de nombreuses caractéristiques sur ce point, parmi lesquelles l’émergence des professionnels indépendants et l’augmentation des associations volontaires.